MAFIA ou MAFIE
La Mafia italienne est un phénomène complexe et en évolution continuelle. Un phénomène dont le développement est toujours en relation avec la modification de la société et du comportement répressif de l'État ; certainement liée à un territoire bien délimité et à un certain nombre de conditions sociales et historiques spécifiques, dans les derniers décennies la Mafia a trouvé la manière de répandre ses branches bien au de là du berceau où elle est née, de telle façon qui n'est pas inutile se demander si on peut tout simplement parler de Mafia tout court, ou bien s'il faut, au contraire, distinguer plusieurs manifestations du problème, plusieurs « Mafie ».
A la conclusion de cet étude sur la répression, donc, je vais ajouter une analyse un peu plus spécifique des différents types d'association mafieuse qui on peut repérer sur le territoire italien.
En fait on peut dire en ligne tout à fait générale qui existent en Italie au moins quatre types de mafia (mais en réalité cinq) qui se partagent l'influence sur la presque totalité du Midi Italien et qui ont déjà implanté de ramifications dans plusieurs Régions du Nord et à l'Étranger : toutes ces « mafie » ont, certes, des caractères en partie communs, mais ça n'empêche pas de envisager des caractéristiques spécifiques de chaque groupe qui le rendent différent par rapport aux autres. C'est pour cela que je vais aborder une descriptions très rapide des différents groupes mafieux, qui nous éclaircira sur la localisation, l'histoire, sur l'organisation interne et sur les activités de chaque mafia.
SACRA CORONA UNITA
Considérée la quatrième mafia, d'après un rapport de l'Observatoire Eurispes[6] elle compte 47 clan et 1561 affiliés : une organisation donc mineure pour sa présence limité sur le territoire et pour sa puissance économique plus faible par rapport aux autres types de mafia, d'autant plus que ses chef ont été presque tous emprisonnés.
Née au début des années 80 de la scission de la Nuova Camorra Pugliese[7], la nouvelle mafia pouillaise prend le nom de « Rosa » dans la ville de Bari, et de Sacra Corona Unita plus au Nord de la Région. Cette mafia possède toute une série de rites de type mystique-religieux qui évoquent le chapelet du rosaire : « L'organisation est Sacrée parce que la Sacra Corona Unita, si on lit ses Statuts, lorsque se réunit ou affilie quelqu'un, consacre et baptise (comme le prêtre pendant les fonctions religieuses) ; Corona, parce que elle est comme la Couronne, c'est à dire le Rosaire qui est utilisé à l'Église pour faire la Via Crucis, à côté de l'autre ; Unita, car on devait être unis comme les anneaux d'une chaîne. »
Pour ce qui concerne la structure de l'organisation, elle est de type horizontal, avec toute une série de clan qui se partagent les zones d'influence mais qui sont tout de même tenus à respecter les intérêts communs. Le chef Giuseppe Rogoli pendant longtemps a cherché à donner à l'organisation une structure hiérarchique telle que celle de la 'Ndrangheta, en l'adaptant à la réalité locale des Pouilles. Autres caractéristiques importantes sont le rôle décisif qui jouent les femmes[9] à l'intérieur de l'association et l'âge, souvent très jeune, des affiliés.
Les activités principales de la Sacra Corona Unita sont le trafic (mais surtout la vente finale) de stupéfiants, le jeu illégal, l'extorsion et le contrebande en association avec la mafia du Monténégro. Un marché qui s'est développé notamment dans les années '90, suite à la chute du régime de Tirana et à la guerre du Kosovo, est l'immigration clandestine qui est gérée en accord avec la mafia albanaise.